She Wolf la Louve

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  • Etudiante en Psycho ; théâtreuse ; danseuse à ses heures ; amoureuse ...
Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 16:20
Précisions : Récit de la mort d'une elfe issue de l'univers de Warcraft. 

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" C'est la Mort qui console, hélas ! Et qui fait vivre ; 
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir 
Qui, comme un élixir, nous 'monte et nous enivre, 
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir [...] "



C.Baudelaire "La mort des pauvres"

Derrière ses yeux clos, il ne faisait même pas noir. Derrière ses yeux clos, une douce lumière émeraude la berçait dans les limbes. Douce et triste lumière que celle de la mort, d'une fin amère dans les bras d'un fiancé que l'on croyait perdu...
Elle avait donné sa vie entière à l'Amour et la Paix, ne cessant pas une seconde de croire en l'Espoir. Il faisait si chaud dans sa couche posthume, aux côtés de celui que toujours elle aimait, revenu lui-même des limbes glacées. Un sourire accroché aux lèvres de la belle Elfe avait été le dernier présent qu'elle avait fait à celui qu'elle aimait. Une raison de vivre qui avait disparue, et dont le retour ne fut qu'un long regard avant que les yeux ne se ferment à jamais. La douce lumière verte envahissait son corps, tandis qu'elle respirait un air des plus purs...Ici, nulle corruption, un paradis perdu, une douce illusion peut-être...
Elle voyait des perles, des plumes dans ses cheveux. Et son bâton posé là, à ses pieds délicats. C'était doux et délicieusement humide : Quelques brins d'herbes, par le vent ballottés, avaient fait de ses pieds une promenade tendre. La vive Lumière avait laissé sa place à un faible brouillard qui habillait des arbres. Une plume était tombée, celle d'un corbeau et alors qu'elle s'était baissée pour la ramasser le feulement du félin froissait le silence...C'était ce qu'elle avait été. Druide du Corbeau et Druide féline. Deux entités en elle qui l'avaient accompagnée durant ces siècles passés. Sur sa nuque, un souffle chaud. Le Faiseur des Stäl's sentait pour la dernière fois l'odeur de son aimée, sa bouche délicate installée dans son cou. Il faisait sombre dehors, et pour ce Kal'dorei. Isill le sentait, et voulu lui transmettre à travers la mort son doux bien-être. 
Pourquoi pleurer lorsque l'on offre sa vie à l'être qui en est le Gardien lui-même ? Narillansanz était sauf, et l'histoire continuerait de s'écrire, laissant le corps de l'Elfe reposer à jamais dans un tombeau d'Espoir et aux Rêves d'Emeraude.

La brise était douce, et la forêt si belle. Dame et Shan'do Kementari laisserait sa place à celui qui comme elle voudrait protéger l'avenir. Peinture d'Ysera, tout dans la mort n'était qu'un merveilleux rêve. Enfin elle se sentait à sa place. une délicieuse sensation envahissait son ventre : la liberté, la beauté, la pureté de ce lieu. Isill contemplait l'immensité verte qui s'offrait à elle en spectacle, le même sourire à ses lèvres que celui qui était figé sur son visage de cire, là dans cette auberge de Bois-du-Bûcher. Elle adressa une profonde pensée à Mhytolky, son précieux ami. La mort n'était pas si terrible, les Adieux l'étaient pourtant. Elle joignit ses mains et se laissa tomber, à genoux dans ce parterre de fleurs et de brins délicats. "Puissent-ils connaître là-bas ce que moi je ressens ici..."

Isill Kementari n'était plus, laissant derrière elle l'Espoir et la Vie, à travers sa propre mort...

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La lueur du Temple d'Elune avait apporté à la cérémonie une triste douceur, et une mélancolie liée de poésie. Là, tout contre les piliers du Temple, autour desquels s'enroulaient de belles plantes grimpantes, harmonieuses, envoûtantes...Là, se trouvait sur un lit de branchages et de fleurs blanches. Là, se trouvait accrochée au-dessus de ce lit une lanterne à la pâle lumière violette, lumière de la mort et du monde de l'au-delà. Là...était allongé mon corps, couvert d'une robe de soie blanche. Un fin voile tissé de perles d'opales ne laissait apparaître que quelques traits de mon visage, laissant à celui qui viendrait me voir dans mon infini sommeil une image gracieuse de qui j'avais été. Contre ma poitrine, on avait laissé pendre, accrochée à une chaîne d'un fin métal, la bague de fiançailles que Stalef m'avait offerte...Le diamant taillé si finement par le don des draeneïs brillait sous la lumière d'Elune, faisant apparaître dans le vallon de ma gorge une étoile scintillante, aux douces lueurs de lune. Mon corps ne m'appartenait déjà plus, mais pour je ne sais quelle raison je le sentais encore, déguisement d'une vie qu'on ne quitte pas sans peine. Accroché à mes lèvres, un sourire persistait. Mais que devient l'enveloppe, lorsque l'âme s'envole ?

Dayahn, prêtresse de notre mère, Mu'sha comme l'appellent les sages Taurens, avait préparé le Temple en odeurs et bougies, faisant de ce lieu un écrin de bien-être. Puis je vis le tissu ample de sa robe lactescente s'agiter enfin pour alors disparaître de ma vue onirique. Lorsqu'elle revint, elle n'était plus seule, mais bien accompagnée par de nombreux visages pour beaucoup familiers...Quelques sillons humides habillaient des joues creuses, ou bien rondelettes, et certaines autres joues étaient alors crispées en ce jour de deuil qu'elles venaient à porter. Nombreux étaient mes frères et soeurs qui étaient venus me rendre un dernier hommage, et parmi ces visages se dessinaient ceux de mes amis les plus proches. Un cliquetis raisonnait dans le Temple, au rythme des pas d'un elfe voûté par le poids des épreuves. Une lanterne à la main, il tentait d'avancer, et me dévoila enfin son visage si grave. Stalef, mon amour, sèche enfin ces larmes. Car tu le sais, toi qui me connait si bien, que la Vie est un don et qu'il doit être un jour oublié. Mon aimé, sens autour de toi comme le monde sait encore offrir de l'Amour et partager les peines...Sèche ce ruisseau amer qui coule en ton intérieur, et laisse toi vivre comme tu l'as mérité.

Ils ont ouvert leur coeur pour m'offrir leurs paroles, toutes si belles et porteuses d'espérance. Je n'aurais jamais espéré en entendre tant, ni même recevoir tant de remerciements. Les mots étaient sincères, et les discours émouvants. Tous habillés de blanc, parfois même contre des habitudes farouchement ancrées. Tous venus me rendre une dernière visite, un dernier rendez-vous au nom de l'avenir. Khaih, je te remercie encore, d'avoir été un père et qui a su m'enchanter, me guider, me porter parfois. Mhytolky, tu étais l'essence même de qui j'ai été, le petit être à la source de cette volonté dont tu as parlé...L'ami le plus fidèle, et le plus différent de moi. Hiraion, courageux paladin au coeur peu assuré, tu portais la Lumière d'une façon bien à toi, et savais te sacrifier pour défendre tes idéaux, nos idéaux. Et eux, tous ceux connus ou inconnus, seulement croisés ou bien taverniers, eux étaient là simplement, m'offrant par leur présence le plus beau des cadeaux. 

Ma toute dernière couche sera ce lit de fleurs aux pétales rougeoyants comme le soleil qui se couche, laissant derrière lui un ciel rougi et annonçant la fin d'une journée pleinement vécue. Au-dessus de ma tête, je sens l'énergie de la pierre qui fut plantée ici. Et tout autour de moi, des milliers de racines, celles de Teldrassil...C'est par un chant funèbre que s'achève une histoire, une vie, une cérémonie. Un cri a retenti, dans les cieux voilés par les feuillages, un cri plein d'harmonie qui accompagna le chant...le cri de Narillasanz, le fils de la Vie...Une mort pour une vie...Un chant, et...Adieu.
Par She-Wolf
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