She-Wolf la Louve

Qui suis-je ?

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  • Etudiante en Psycho ; théâtreuse ; danseuse à ses heures ; amoureuse ...
  • 28/02/1990

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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 01:36
Toute pleine de senteurs des champs.

C'est notre maison suspendue.*
la_haut_haut23.jpg

*Je n'ai plus l'habitude de balancer des phrases sans sens pour le lecteur, comme avant quand je laissais traîner un mystère sans fin. Démenagement en vue, et le ciel se dégage.

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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 17:56
La naissance des sens.

DSCN1857.JPG(Quais Bordelais.)


 Une harpe aux fins reflets d'or et de sang. Une simple image, jetée là sur le papier. L'image provenant d'un esprit en quête d'inspiration. L'incontrôlable inspiration, celle qui jamais ne vient quand on l'appelle. Mais pourtant, l'image persiste. La harpe, instruments des muses, s'installe dans le lit de l'histoire... Objet ancestral aux sons de cristal. Mais l'objet reste objet. Le simple fait de ressentir les choses, de les toucher, de les goûter ...tout ceci reste inconnu à la harpe. Elle persiste dans son inertie et dans son existence sans vie. Mais quel est le but d'une telle existence ? Projetons-nous pour quelques minutes dans une histoire peut-être pas si absurde où une harpe prend vie...

Appelons-là "la Harpe Rousse" puisque l'or et le sang sont ses couleurs. Lui donner un nom c'est déjà la rendre vivante. Maintenant, imaginons que la Harpe Rousse soit dans une vaste pièce lumineuse, où de nombreux pianos l'entourent. Elle est la seule harpe ici. Tous ces pianos lui semblent si nobles. Mais tellement peu accueillants. Comme enfermés dans le rôle de l'objet luxueux , froid et réservé à l'élite. Ils ont oubliés quels sons merveilleux et chaleureux ils sont capables de produire pour le plaisir de nos oreilles. La Harpe Rousse ne se sent pas à sa place ici. Ses courbes marquées la rendent proche d'un corps de femme, et sa musique éthérée semble venir à la fois du royaume des fées et du royaume des morts. Deux...réalités...pas si éloignées que ça. Nous pourrions très bien l'imaginer comme l'instrument qui relie les mondes. Mais la Harpe Rousse est bien loin de ces pensées, et est torturée par des questions telles que " Pourquoi j'existe ?" Questions tordues ? A vous de voir. C'est ainsi qu'elle décide de suivre sa propre quête. Une quête individuelle, et universelle.

-" Tu es bien préoccupée.

Le silence vient d'être brisé par Pleyel, un magnifique piano juste à côté de la Harpe Rousse.

- Cela ne sert à rien de se poser des questions, lui dit-il, et je vois bien que tu t'en poses. Il suffit d'être là, et d'attendre qu'un riche acheteur nous emporte.

- Cela ne me suffit pas...j'ai envie de découvrir d'autres choses que ce lieu dénué de vie.

- Tu es bien difficile ! Regarde, il y a même de grands miroirs tout autour de nous dans lesquels nous pouvons observer notre reflet. Ne me trouves-tu pas éblouissant ? La dernière fois un acheteur a failli m'acheter, et il a dit que... "

La Harpe Rousse ne l'écoute déjà plus. Son esprit vagabonde bien loin de ces miroirs et de l'ego surdimensionné de Pleyel. Mais comment découvrir la vie quand à défaut de jambes vous avez un seul et unique pied de bois ? Difficile. Et la fée bleue de Pinocchio ne viendra pas cette fois. La fée bleue...non...cependant, une jeune femme vient d'entrer dans le magasin. Elle marche d'un pas hésitant, cherchant des yeux quelqu'un qui pourrait la renseigner. Sa chevelure d’automne virevolte derrière elle et soudain, dans un arrêt net, retombe sur ses hanches.

- "Bonjour, je sais qu'il s'agit d'un magasin de pianos mais j'aimerais savoir si vous vendez des harpes ? demande-t-elle au jeune homme qui se tient droit, tel un piquet,devant elle.

- Nous n'en avons qu'une, répond-il, mais si vous voulez vous pouvez l'essayer. C'est la harpe près du célèbre piano Pleyel exposé au centre du magasin. Mais si je peux vous conseiller un instrument, essayez le piano...

-Non merci, le coupe-t-elle."

Elle s'approche d'un pas décidé de la harpe rousse, un pas bien différent du pas hésitant avec lequel elle était entrée. Elle s'assoit près d'elle, pose ses longs doigts fins sur ses cordes, et se met à jouer. La Harpe Rousse sent soudain vibrer chaque partie d'elle-même, tout son être résonne de l'intérieur. C'est comme si de petites bulles de lumière éclataient dans son corps de bois. Pour la première fois elle joue. Elle sourit de bonheur, frémità chaque note. La jeune femme a une grâce à faire pâlir une danseuse étoile. Chacune de ses mains s'anime dans une perpétuelle danse musicale, et la mélodie créée de l'union de la musicienne et de son instrument a quelque chose de magique. Plus la jeune femme joue, et plus la Harpe Rousse oublie où elle est, les nombreux pianos autour d'elle, Pleyel qui se regarde toujours dans le miroir...C'est comme si elle n'était plus là. Elle plane au-dessus de tout, voyage enfin. Enfin ! Elle découvre la vie et le monde, enfin elle découvre ce que sont les sens. La vue, pour tout ce nouvel univers qu'elle découvre à travers ses visions oniriques ; l'ouïe, pour cette mélodie enivrante et légère ; le toucher, pour chacune des vibrations et pour la caresse des mains de la jeune femme sur ses cordes ; le goût, parce qu'enfin elle goûtait à la vie et l'odorat...oui...se sentir vivre.

La jeune femme continue de jouer encore, yeux clos, bercée par le flot de sons comme par le roulement des vagues d'une mer d'argent, puis s'arrête.

- "Je vous la prends, dit-elle, cet instrument est merveilleux. Vous voyez, c'est comme s'il était vivant... "

- Hm. Non je ne vois pas. Cela fera 18 000 euros s'il vous plaît.

"Ces gens ne comprendront-ils jamais ce qu’être vivant signifie ?" pensa la Harpe Rousse.

- Oui oui...je paierai en trois fois si c'est possible."

La jeune femme installa la Harpe Rousse au milieu de son salon, face à une cheminée ancienne. Le feu y crépitait doucement. La Harpe Rousse se réjouit d'une telle vue, et d'une telle tranquillité. La jeune femme s'assit de nouveau près d'elle et recommença à jouer. Un nouveau voyage venait de commencer… la naissance des sens, dans leur état le plus parfait…et la Harpe Rousse comprit...

" C'est pour ça que j'existe."

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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 17:39

 

The Fitzcarraldo Session <3


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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 00:43
druide-bleu.1247824411.jpg
Et puis, il y a ces trous sonores, ces pensées virevoltantes, ces cris qui se perdent dans l'horizon. L'horizon, baigné d'une lumière orange, semble être l'inaccessible.  Il flatte la pupille ronde et noire. Et cette odeur...

Tu vois, peut-être que je ne me trouve plus. Mais cet horizon, ces gerbes de blé qui le bordent, ils me définiront toujours. On m'a dit il y a peu "Peux-tu répondre à la question : Qui suis-je ?". Pas un mot ne m'est venu à l'esprit. Mais cette image est restée.

Tu sais, je suis le vent qui fracasse les rochers des falaises les plus hautes d'Irelande. Je suis le tambours celte qui résonne au fond, tout au fond. Je suis le grand arbre de Brecheliant, et le druide à la fois.

Je n'ai pas besoin de chercher à me définir. Je serais rassurée tant que je pourrais le sentir. Sentir simplement ce qui me fait vibrer quand je fais taire mes tracas, mes mauvaises passes ou mes colères.

Ferme les yeux, et regarde. Tu le vois l'horizon ? Les blés, dorés par cette lumière crépusculaire...Et tu sens ? Le vent chaud et doux qui te nettoie, te lave de toutes ces tensions que tu accumules chaque jour, chaque fois que tu fronces  les sourcils pour appréhender le monde. Sens cette odeur, épicée et aérienne, l'odeur des blés chauffés par le soleil d'été.
Je la vois la silhouette, bras ouverts, embrassant l'air.

Tu sais, je suis cette femme au regard sauvage et aux longs cheveux noirs. Ne me juge pas. Dans mes rêves je suis qui j'ai envie d'être, et peut-être que la réalité est au centre de ces rêves. L'enveloppe, le corps, le pantin, le véhicule...appelle cela comme tu veux. A l'intérieur, je vis différement. Lui et moi ne faisons que cohabiter.

Et puis, cet horizon, c'est bien la clef. Et quand mes journées sont grises, que je pense perdre courage, je me raccroche à cet horizon. Il est infini, il est cycle. Et il est une fin en soi.

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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 16:27
019a.jpg

Il est cinq heures. La Louve s'éveille et s'étire.
Le poil épais et noirci par les vents amers qui soufflent depuis quelques temps pendant les longues nuits du Nord. Le souffle saccadé, les yeux brillants et figés, les crocs frottant ses babines...prête à bondir.
Plus rien ne peut adoucir ses traits crispés par le poids des épreuves. Les muscles gonflés et saillants, elle semble puissante...Mais la lueur grise de ses pupilles trahit sa déroute.
Elle se redresse. Elle fixe la nuit sans un mouvement de plus.
Ses yeux, devenus déjà trop fades, cherchent quelque chose de tendre.
Au loin se dresse, fière et sauvage, l'ombre du Cerf Blanc. Ses bois joignent le ciel et s'y confondent tandis que ses sabots sont ancrés profondément  dans la Terre. Une blessure tâche son flanc d'un rouge sang, mais il reste debout, silhouette dans l'ombre de l'aube naissante.
Ce sont deux  tableaux figés qui se dessinent et se fondent dans le silence du petit jour, l'un trahissant la silhouette fine de la Louve, l'autre celle du Cerf Blanc. Ils sont tous deux artistes, l'un pour l'autre.
Le vent du Nord irrite leur peau et leur gueule, mais n'est-il pas vent de transformation, de transmutation ?

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